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Les cinqs Russes

Updated: Nov 12, 2021

« Un petit groupe, oui, mais combien puissant ! »


Ce qui frappe dans l'histoire des Cinq, c'est la brusquerie, la rapidité de la mutation qu'ils ont opérée dans l'orientation de la musique russe; c'est aussi l'infaillible sûreté avec laquelle ils ont dégagé les caractères originaux, les lignes de force d'un art auquel Stravinsky et Prokofiev doivent tout. Ce phénomène historique parfait par sa brièveté et la conformité de ses résultats aux idéaux qui l'avaient inspiré, cet événement, se comprend mieux dans la perspective d'ensemble du mouvement révolutionnaire, intégré à sa propre prise de conscience, de plus en plus rapide et profonde, par le peuple russe.


...Il faut aussi tenir compte de ce double miracle : la rencontre de quatre hommes de génie, l'amitié qu'ils se sont vouée pendant plusieurs années et leur adhésion consciente à un même programme, qu'ils se sont mutuellement aidés à réaliser, malgré la nonchalance de Borodine, malgré les crises de découragement de Balakirev et de Moussorgsky, malgré la conversion, pour les autres une quasi-trahison, de Rimsky-Korsakov à l'art académique.


En 1857, Balakirev, qui avait reçu les ultimes conseils de Glinka, faisait la connaissance de Cui et de Moussorgsky. Déjà, le critique Victor Stassov était leur théoricien. En 1861 Balakirev rencontrait Rimsky, en 1862, Borodine.


La petite troupe commençait à se faire connaître en manifestant ouvertement son hostilité à la création du Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1861. Dès 1862, Balakirev ripostait en créant l'École Libre de Musique, qui donnerait gratuitement des cours de chant choral, organiserait des concerts consacrés essentiellement à la musique russe. Ces concerts, grâce à l'éclectisme de leurs programmes, rivalisaient victorieusement avec ceux de la « Société Impériale russe de la musique » dirigés par A. Rubinstein. Appelé à remplacer Rubinstein démissionnaire en 1867, Balakirev était en mesure de faire triompher les principes du groupe, il pouvait diriger la première symphonie de Borodine à la Société Impériale, comme il avait fait connaître celle de Rimsky à l'École Libre, en 1865. Les dix années de vie du groupe avaient suffi pour donner l'essor à une musique nationale. Moussorgsky pouvait achever « Boris Godounov », Borodine, le « Prince Igor ».


André Dubost









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